Chapitre 01
L’arganier
Il ne pousse nulle part ailleurs. L’arganier ne survit que sur une bande de terre entre Essaouira et Agadir, classée réserve de biosphère par l’UNESCO.
Ses racines descendent à trente mètres pour trouver l’eau. Il vit deux siècles, traverse les sécheresses, et retient le désert derrière lui.
Chapitre 02
Le fruit
La récolte a lieu en juin et juillet, aux heures fraîches, par les cueilleuses des coopératives partenaires. Rien n’est cueilli sur l’arbre : on ramasse ce que l’arganier laisse tomber.
Il faut près de trente kilos de fruits pour un seul litre d’huile. C’est ce chiffre, et lui seul, qui explique le prix d’une huile honnête.
Chapitre 03
L’amande
La coque se casse entre deux galets, un geste que ni machine ni brevet n’ont encore remplacé. À l’intérieur, une amande minuscule et d’une richesse rare.
Huit heures de concassage pour un litre. Ce sont deux cent quarante femmes, réparties sur quatre coopératives, qui tiennent la pierre.
Chapitre 04
La première pression
Pressée sous quarante degrés, sans solvant, dans les quarante-huit heures qui suivent le concassage. Rien n’est chauffé, rien n’est raffiné, rien n’est pressé deux fois.
C’est là que se décide l’odeur d’amande grillée et cette couleur jaune profond qu’aucune huile pâle ne peut imiter.
Chapitre 05
Le flacon
Rempli à la main à l’atelier d’Essaouira, par lots de trois cents flacons au maximum. Chacun porte sa date de pressage et le nom de la coopérative qui l’a fait naître.
Du verre ambré, parce que la lumière abîme ce que le soleil a mis un an à construire.